Les loups du Gévaudan
Sainte-Lucie 48100 Saint-Léger-de-Peyre
Tel : 00 33 (0)4 66 32 09 22
Fax : 00 33 (0)4 66 32 83 65
infos@loupsdugevaudan.com
|
 Photo: "Twilight Hunters" Alan & Sandy Carey
Le retour naturel du loup en France
Le loup a été éradiqué en France entre 1920 et 1940, principalement à l’aide de poisons violents comme la strychnine.
Son retour s’est déroulé sur notre sol français dans le début des années quatre vingt dix, avec la première observation officielle le 4 novembre 1992 dans le Parc National du Mercantour.
Cette observation a été réalisée lors d’un comptage de chamois par des agents du Parc National du Mercantour (P.N.M.). Il s’agissait de loups italiens (Canis lupus italicus)…
Actuellement, les loups sont présents principalement dans les départements: Alpes-Maritimes, Isère, Savoie, Haute-Savoie, Drôme, Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes. Les cadavres de loups et d’animaux sauvages, des bêtes domestiques prédatés, ainsi que des indices de présence (matières fécales, urines, poils et sang), récupérés sur le terrain ont révélés
un second axe de colonisation allant du Massif Central jusqu’en Espagne.
Les départements du Cantal, Aveyron, Haute-Loire, Lozère et Pyrénées-Orientales sont concernés par ces loups en dispersion.
L’estimation actuelle est entre 120-150 individus selon l’O.N.C.F.S. (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage).
 photo : Alberto Tovoli
 photo : Alberto Tovoli

Photo : Wierusz Kowalski
Canis lupus italicus
Photo : Antonucci
Le loup revient en France



Musée du Louvre – Chasse aux loups
En Gévaudan, bon an, mal an, on détruisait d’une façon ou d’une autre 70 loups. Entre 1740 et 1773, on tua dans cette région 2178 loups. Les loups sauvages ne constituent pas un danger. En France on tuait encore quelques loups chaque année, avant la première guerre mondiale. En France, au XIXme siècle, la lutte contre les loups n’était pas terminée. Dans le Gévaudan, 62 loups furent tués dans le courant de l’année 1800, 55 en 1802, 41 en 1803, 18 en 1804, 5 en 1805, 2 en 1806, 14 en 1815, 22 en 1816 (la lutte reprenait plus sérieusement avec la fin des guerres de l’Empire), 44 en 1818, 20 en 1819, 38 en 1880 et 18 seulement de 1883 à 1898.
Die wolfsfalle A la fin du 19e siècle, en France, l’élevage et l’agriculture ont fortement progressé. La moindre colline boisée est rasée, transformée en patûrage ou en terre cultivable; le gibier sauvage vient à manquer peu à peu., les loups ciblent alors leurs attaques sur le cheptel domestique, principalement les brebis et les agneaux. Le poison est alors utilisé (Strychnine ou noix vomique), ce qui entraine l’éradication du prédateur entre 1920 et 1940.
Photo : Alaska Department of Fish and Game
” Sylvia fuyant le Loup ” Francois Boucher Musée de Tours – sujet tiré d’un drame du Tasse (1756) provient du château de Chanteloup.

” Les loups en Lorraine ” Jean-Yves Chauvet
” La chasse aux loups en Bulgarie ” Edouard Kettner

” Le loup de l’Aubrac “
le 20 juin 1977, aux Salces, Albert Pegorier tue un loup mâle de 50 kilos.

Quelle que soit l’origine des loups, la vie sociale reste la même. La taille d’une meute pourra dépendre du type de proie chassée, de la quantité de proies disponibles, de l’environnement, de la pression humaine, de la saison. La plupart de ces critères détermineront également l’étendue du territoire. La meute est composée de 4 à 6 individus en moyenne pour un territoire de 200 à 300 km2 dans le sud de l’Europe (France, Italie, Espagne, Portugal), et comporte entre 8 et 15 individus en moyenne pour 1000 à 4000 km2 au Canada, par exemple.
La reproduction s’opère de mi-janvier à mi-mars. C’est à cette période que les mâles adultes, entre eux, et les femelles adultes, entre elles, vont s’affronter. Seul le couple dominant se reproduira. Si un couple reste dominant plus de 3 ans, les jeunes de 2 ans partiront à la recherche d’un autre territoire, d’une autre meute. Concernant les meutes en France, Italie ou Espagne où le nombre d’individus est d’environ 4 à 6 loups, la situation est différente. Ils ne représentent qu’une seule et même famille (cellule familiale) comprenant un couple reproducteur, deux louveteaux de l’année et éventuellement des jeunes de l’année précédente ; il n’y a pas d’affrontement. Les jeunes ne sont pas suffisamment puissants pour rivaliser contre leurs parents.
A partir de 22 mois, après 2 ans, les sub-adultes vont quitter la meute à la recherche d’un nouveau territoire, c’est la période dispersion. Phase délicate car ce jeune individu (mâle ou femelle) est inexpérimenté, la possibilité pour lui de rencontrer un autre loup en dispersion, est limité et les dangers sont nombreux.
Il n’y a qu’une portée par an d’environ 4 petits. Seuls 40% des nouveaux nés atteignent l’âge adulte. Dans le clan, chaque individu s’occupe des louveteaux. Si un petit a faim, il mordille les babines d’un des loups de la meute qui régurgite alors pour le nourrir. Ils atteignent pratiquement leur taille adulte à l’automne et participent alors à la chasse.
L’alimentation et la surveillance de la portée unique sont assurées par tous. Cette vie au sein de la meute est rude et la compétition sévère. Il faut se battre pour conserver son rang, s’affronter pour devenir dominant, intimider pour se nourrir avant les autres. La vie collective constitue donc, pour ce prédateur, une solution pour augmenter ses chances de survie.

L’importance de la meute
L’identité d’un loup se fonde avant tout sur son appartenance à un groupe, un clan très soudé. La hiérarchie, au sein du groupe, est soulignée régulièrement par des expressions corporelles ritualisées accompagnées bien souvent de sons qui expriment la neutralité, la soumission ou encore l’agressivité. Ce langage corporel est fait de diverses postures et mimiques. Dès son plus jeune âge, le louveteau apprend à montrer sa soumission en adoptant une position rampante, la tête baissée, le regard détourné, les oreilles aplaties et la gueule fermée. Inversement, le regard fixe et les oreilles droites, la queue relevée à l’horizontale et le poil redressé manifestent l’expression d’une dominance. Chaque individu commande celui qui occupe un rang inférieur et obéit à ses supérieurs. Au plus haut de la hiérarchie se trouve le couple dominant (le couple alpha), en général fondateur de la meute.
La dominance n’est pas établie pour toujours, mais pour quelques saisons seulement. Les remises en question de l’ordre établi ne sont pas rares et donnent parfois lieu à des affrontements violents. Le couple dominant et surtout le mâle (meneur principal) prend les décisions concernant les déplacements, la chasse et le marquage du territoire. L’instinct social des loups se manifeste également par la solidarité entre les individus.
Le comportement du loup n’a intéressé que tardivement. L’étude des loups en milieu naturel n’a débuté qu’à la fin des années trente en Alaska, avec Adolph Murie, biologiste américain.


Cette année, nous sommes partis sur les traces du loup mexicain (Canis lupus baileyi) aux Etats-Unis. Cette sous-espèce avait disparu à la fin des années 70 du milieu naturel. Quelques individus étaient toutefois conservés dans des centres et zoos américains (California Wolf Center, zoo de Phoenix…). Un programme de réintroduction a débuté en 1997 avec les premiers lâchers dès 1998 dans le sud-est de l’Arizona (Apache National Forest).

Actuellement, 59 loups mexicains vivent à l’état naturel entre l’Arizona et le Nouveau-Mexique.
Notre périple “loup” a débuté en Californie avec la visite du fameux site de Rancho La Brea et de son musée à Los Angeles où sont exposés plus de 400 crânes ainsi que plusieurs squelettes de Canis dirus.

Il s’agit d’un loup préhistorique qui vécu en Amérique du Nord entre -130 000 et -10 000 ans. Rancho La Brea est un site assez exceptionnel qui a livré de nombreux fossiles animaux (également végétaux) particulièrement bien conservés
 Canis dirus (musée de Rancho La Brea, LA)
Ce voyage s’est poursuivi par la visite du California Wolf Center situé au nord-est de San Diego (soit 70 km) à proximité de Julian, un petit village minier. L’environnement y est aride et la végétation assez pauvre.
 Vue générale du site
 Entrée du parc
Ce parc présente différentes meutes; leurs loups sont originaires d’Alaska et du Mexique. Une partie de leur population de loups mexicains située à l’écart des chemins de visite est destinée à d’éventuelles réintroductions.

Nous voilà désormais en Arizona, après un passage “obligé” dans le Grand Canyon National Park, nous poursuivons notre route vers le sud-est de l’état.
 Le Grand Canyon
 Entrée du parc national
Nous stoppons à Springerville, au coeur de la zone du “Blue Range Wolf Reintroduction Project”, petite ville proche du village d’Alpine.


Le QG de l’équipe du suivi des loups mexicains se trouve dans ce village. Sur place nous pouvons rencontrer différents biologistes dont John Oakleaf qui est le coordinateur du programme de réintroduction. Il nous exposera la situation durant deux heures à l’aide de cartes et de photos prises sur le terrain durant des lâchers, ou encore des captures pour des soins… Il nous propose par la suite de l’accompagner sur le terrain à la recherche de loups grâce à son matériel de suivi par radio-télémétrie.
 Blue Range

Après 2 heures de prospection et de visites de killsites (zones d’abattage de proies), les premiers signaux se font entendre. Nous stoppons alors le véhicule et nous rapprochons à pied de la zone où se trouve le prédateur.
 John Oakleaf
Les signaux s’accélèrent, nous ne sommes plus qu’ à une vingtaine de mètres de ce loup mais la végétation dense et le relief accidenté nous empêchent de voir correctement devant nous. Brusquement le son se modifie, les signaux se font distants, l’animal s’éloigne. Nous trouvons à quelques mètres de là des excréments frais; seuls indices restant de son passage. Nous quittons la zone pour partir à quelques kilomètres de là. C’est alors que de nouveaux signaux se font entendre sur les récepteurs mais les intervalles distants et le son faible nous indiquent que le loup s’éloigne rapidement.
 Un "Timber wolf" au bord de la route près de l'hôpital de Jasper ...
La Colombie Britannique
A notre arrivée à Vancouver, notre premier but est de nous rendre dans le nord de l’Ile de Vancouver, dans les secteurs de Campbel River et Gold River, à la recherche d’informations sur la sous-espèce endémique , Canis lupus crassodon, occupant cette île. Nos mouvements dans cette contrée sont, cependant, très limités du fait de l’importante épaisseur de neige : difficile de «patrouiller» dans de telles conditions. La faune, quant à elle, semble s’être réfugiée dans les zones les plus profondes, les plus inaccessibles à l’homme durant la période hivernale. Il est vrai que routes et pistes sont peu nombreuses dans cette région. Nous observons cependant diverses espèces d’oiseaux et les rares empreintes rencontrées sont celles de petits cervidés. La visite du Greater Vancouver Zoo nous permet toutefois de photographier trois loups originaires de l’île.
 Loup naturalisé de l'île de Vancouver ( Canis lupus crassodon )
Banff National Park / Alberta
 Panneau à la sortie de Banff
Après une traversée difficile de la Colombie Britannique suite aux conditions climatiques extrêmes (le passage du col Rogers Pass fût le moment le plus délicat), nous finissons par arriver à Banff. Nous profitons de notre première journée pour obtenir un maximum d’informations auprès des gardes concernant la population lupine (localisation, effectif, …).Nous axons alors nos recherches principalement dans la Bow Valley et très rapidement les premières pistes apparaissent. Les jours qui suivent, sont eux aussi riches en indices divers (traces, crottes, urines). Nous avons aussi la possibilité d’observer à plusieurs reprises wapitis, cerfs à queue blanches et mouflons durant nos excursions.
 
 
Jasper National Park

- Panneau à l’entrée du Parc National de Jasper
Après une bonne semaine sur le terrain à la recherche d’indices, nous repartons plus au Nord, à 300 Km en direction de Jasper. Nous empruntons pour cela la «Icefield Highway», la «périlleuse» route des glaciers. Après plusieurs heures de trajet à travers de somptueux paysages, des traces au bord de la route attirent notre attention : notre première piste de loup dans ce nouveau territoire ; deux sujets semblent avoir longé notre voie…Bon présage pour le reste du séjour?
 La taïga canadienne
 "Timber wolf" naturalisé ( bureau des gardes ) à Jasper
 Seconde photo de ce loup pénétrant dans le bois ...
Les jours qui suivent, sont assez exceptionnels pour nous. En effet, nous suivons de nombreuses pistes quotidiennement. Une des plus marquantes est celle d’une meute de six loups que nous retrouvons sur plusieurs kilomètres (empreintes, excréments, urine, grattage). Celle-ci nous conduit même jusqu’à un site d’abattage (consommation d’un cerf à queue blanche) et nous permet de connaître quelques heures de la vie de cette horde.
 Les traces d'une meute de six loups ...
 La piste du loup s'enfonçe dans le bois
Le lendemain nous observons 3 coyotes sur un «site de charognage», exploité aussi, d’après les indices, par un loup, et divers oiseaux (pies et corbeaux notamment). Il s’agit d’une femelle wapiti dont la carcasse est prise à la verticale dans une rivière gelée ; chacun se démenant en vain pour tenter de dégager des parties consommables. Quelques heures après nous tombons sur une piste assez étrange qui s’enfonce dans la taïga, des empreintes qui ne nous sont pas familières : il s’agit d’un glouton, une espèce que nous n’avons alors jamais croisée.
Découvertes parsemées de plusieurs jolies rencontres avec notamment des cerfs à queue blanche, mouflons, coyotes, renards, wapitis, et des pygargues à tête blanche…
Arrive le jour du départ de Jasper symbolisant pour nous la fin des vacances en territoire «loup» ; nous nous dirigeons désormais vers Edmonton et Calgary. Nous venons tout juste de pénétrer sur l’autoroute lorsque brusquement à la sortie du village, à proximité de l’hôpital, un animal attire notre attention au bord de la chaussée: un loup, enfin! Il est très imposant, gris assez clair! Il se tient face à nous, à une quinzaine de mètres et vient tout juste de traverser notre route. C’est un moment exceptionnel car l’animal nous regarde quelques instants, pas du tout effrayé par notre présence (nous avons stoppé notre véhicule) : il urine, gratte le sol puis défèque. Son museau et son cou présentent des tâches de sang car il vient probablement de consommer une proie.
L’observation dure 3 bonnes minutes puis le loup disparaît dans la forêt. Ce qui a été très marquant, lors de cette rencontre, c’est qu’il n’a jamais fuit mais qu’il est reparti assez calmement en trottinant. Nous tentons par la suite de suivre sa piste en vain…
 
Northern Lights Wildlife Wolf Center
 Parc à loups situé à Golden en Colombie Britannique

Zoo de Calgary
 Zoo de Calgary
(Voyage réalisé en janvier 2008 par Audrey Prucca et Sylvain Macchi, sur les traces des loups en Colombie-Britannique et en Alberta au Canada.)
Photos : Sylvain Macchi
Le samedi 20 janvier 2007, nous arrivons dans la très célèbre Lamar Valley vers 12 h 30 après avoir observé durant une demi-heure quatre coyotes parmi un troupeau de 37 bisons.
Cela fait maintenant deux semaines que nous nous rendons sur ce lieu de manière quotidienne. L’environnement présent, très ouvert et étendu, est propice à l’observation des canidés sauvages.
Nous passons rapidement devant quelques personnes au bord de la route munies de jumelles signifiant peut-être la présence de loups. Nous nous garons un kilomètre plus loin pour scruter à notre tour, le paysage.
Et là, sur la vallée nous apercevons 4 loups (nous supposons 4 jeunes) jouant avec les restes d’un animal. Ils vont et viennent sans cesse poursuivant tour à tour le détenteur du morceau de viande et finissent par concentrer leur jeux sur une zone plus restreinte. Nous remarquons alors la présence d’un autre loup sur leur droite, il est couché un peu à l’écart. Les quatre continuent à se courir après, se roulant au sol et se chevauchant à maintes reprises, puis l’un d’eux finit par se diriger à gauche du petit groupe et s’arrête quelques mètres plus loin semblant renifler ou bien solliciter quelque chose… Et là nous découvrons le reste de la meute. 5 loups sont paisiblement couchés au sol ; ils sont donc 11 au total : 6 de couleur noire et 5 de couleur grise.
A quelques centaines de mètres d’eux, plus en hauteur, nous remarquons la présence d’une centaine de Elks paissant. Ils sont éparpillés sur la colline surplombant la vallée mais tout semble très paisible.
Les ongulés ne semblent en aucun cas se soucier des prédateurs, peut-être ne les ont -ils pas vraiment remarqué ou alors ne sont -ils pas inquiets du fait de la distance les séparant.
A 13h12, le loup à l’écart, surnommé pour l’occasion loup oméga se lève, interpelé probablement par un jeune loup noir s’écartant puis entamant une course en direction d’une nuée de petits oiseaux située près de la rivière.
La totalité de la meute part en courant rejoindre le premier. Cependant, rien n’est visible devant eux, rien qui puisse expliquer leur excitation. A hauteur du fugueur, la meute se regroupe ; quelques instants s’écoulent et nous les voyons alors progresser à flanc de colline, à la queue leu leu. Ils apparaissent et disparaissent selon le couvert végétal.
A 13h43, la meute se situe au dessus de la bande boisée, à hauteur des premiers elks, les plus excentrés. Certains ongulés se lèvent alors, d’autres s’écartent à peine.
En tout cas, tous observent les loups, même les plus éloignés de la zone ; la plus grande partie du troupeau se situant plusieurs dizaines de mètres sur la droite.Ce qui est le plus marquant, à ce moment, c’est que la meute ne semble pas s’intéresser à ces proies potentielles. 2/3 lancent un regard insignifiant aux premiers mais tous poursuivent toutefois tranquillement leur avancée vers la gauche, donc à l’opposé des ongulés.
A 14h10, le temps variable se détériore, une averse de neige et du vent arrivent par la droite ; la visibilité est de plus en plus difficile malgré les jumelles. Tout se voile. La meute s’arrête alors une centaine de mètres plus loin et semble marquer une pose.
Quelques instants plus tard, un loup entame un trot assez lent en direction des cervidés, les autres finssent par le suivre. Le pas s’accélère. Tous filent face au vent et à la neige. Nos regards se portent alors sur les elks chargés, qui, inquiets, ont commencé à se replier. Nous nous rendons compte alors que deux loups, restés à l’écart, sont déjà à proximité des premiers ongulés, en bordure de la partie boisée alors que le reste du groupe n’est pas encore arrivé. Peut-on alors ici parler de stratégie ?
Les prédateurs sont désormais tous regroupés ; ils stationnent au dessus du bois, là où quelques minutes auparavant des cerfs étaient couchés. Ces derniers ont tous pris la fuite et sont en train de rejoindre le gros de la harde.
L’attaque parait stopper. Les loups, encore excités, ne partent pas pour autant à la poursuite des animaux fuyant. Quelques minutes s’écoulent et tout reste calme. Nous décidons alors de reprendre notre véhicule pour nous rapprocher de la zone d’attaque. La visibilité a encore baissé, blizzard, neige… Nous retrouvons toutefois une partie de la meute. L’attaque reprend brusquement. La course est beaucoup plus intense. On voit alors les cervidés se regrouper rapidement. 5/6 loups sont visibles mais deux seulement semblent charger la harde qui se déplace telle une vague de gauche à droite. Le groupe d’ongulés finit par se scinder en deux parties. L’une s‘éloigne alors vers le haut de la colline, l’autre à l’opposé toutes deux poursuivies.
Les prédateurs ne cessent de charger les cerfs, ils les contournent, courent d’un groupe à l’autre. Plusieurs ongulés se sont éloignés de la zone d’action, ils observent la scène, toujours sur leur garde.
Le groupe de la colline est désormais le seul réellement en danger. Les loups se concentrent sur celui-ci. La suite demeure cependant inconnue. Mise à mort ? Abandon ? La charge a, en effet, continué derrière la colline, de plus le temps s’est encore dégradé et la visibilité est désormais quasi-nulle. C’est à 14h31 que l’on perd définitivement le contact…
 Deux empreintes superposées de loup dans la neige.
 Panneau à l'entrée du Parc National.
 Roosevelt Arch à Gardiner ( Montana )
Observations animales
 
 
 
Coyotes ( Canis latrans )
 
 
 
Yellowstone
 
 
(Voyage réalisé dans le Yellowstone National Park -Montana/Wyoming- en janvier 2007 par Audrey Prucca et Sylvain Macchi)
crédits photos: Sylvain Macchi
Denali National Park / Alaska
 Panneau annoncant l'entrée dans le Parc National du Denali
 Vue panoramique du Mount McKinley
 Traces de griffes et jet d'urine de loup sur un sol gelé
 Empreintes d'un loup dans le Denali National Park
Estimation de la population de loups (printemps 2005)
 66 loups en 15 meutes
Paysages et rencontres …
 
 

Adolph Murie
Entre 1939 et 1941, Adolph Murie, l’un des plus grands naturalistes américains, réalise une étude en milieu naturel concernant les relations entre les loups et le mouflon de Dall (Dall sheep)dans le “Mount McKinley National Park” (renommé depuis “Denali National Park”). Murie effectue une étude détaillée du loup d’Alaska, un travail jamais réalisé jusqu’alors. Ses recherches souligneront, pour la première fois, les relations entre les espèces-proies et les prédateurs.

(Voyage réalisé en Alaska en janvier 2006 par Sylvain Macchi et Audrey Prucca , sur les traces des loups dans le Denali National Park)
Photos : Sylvain Macchi
|
|